Al Adl Wal Ihssane prise de vitesse par l’ampleur des manifestations du 26 juin

L’ampleur des marches du dimanche 26 février a ébranlé Al Adl Wal Ihssane à tel point que le mouvement envisage sérieusement de changer la stratégie des manifestations. L’état-major de Abdeslam Yassine, qui riait sous cape des « baltajia » favorables au projet de Constitution, ne s’attendait pas à un tel déferlement en faveur du nouveau texte. Pour la première fois, en effet, des centaines de milliers de marcheurs ont battu le pavé dans plusieurs villes du Maroc.Impressionnantes démonstrations de force, les manifestations de soutien au projet de la Constitution réformée qui sera soumis à référendum le 1er juillet, ont faussé beaucoup de calculs. Rien à voir avec les descentes chétives du Mouvement du 20 février qui a été squatté au fil des dimanches par les adlistes. Ces derniers voyaient les rangs des marcheurs fondre de manifestation en manifestation. Finalement, le dimanche test du 26 juin a été ressenti comme un désaveu sans appel par Cheikh Yassine et ses fidèles les plus proches. A Casablanca, en plein Hay Mohammedi, Al Adl a rassemblé à peine six mille personnes. Résultat de plusieurs mois d’excitation et de plus d’une semaine d’intense mobilisation pour le boycott du référendum. Face à des dizaines, voire des centaines de milliers de manifestants pour le « Oui », les adlistes craignent que cela n’ait un effet boule de neige dans les prochains jours. Certains dirigeants du mouvement de cheikh Yassine pensent à revoir la stratégie des manifestations dominicales, de crainte que leur mouvement n’apparaisse désormais dans sa réelle dimension sociale, c’est-à-dire un groupe  minoritaire, voire marginal.Douloureuse sensation lilliputienne pour un mouvement qui, jusque là, prétendait avoir des ramifications dans toutes les strates de la population. Surtout que ce déconcertant renversement de la situation intervient à un moment où jamais le débat politique au Maroc n’a été aussi ouvert. Fait sans précédent, la radio et la télévision publique ont été pour la première fois totalement ouvertes aux partis de l’opposition radicale. Pire, même ceux qui prônent le boycott du référendum ont eu accès à l’audiovisuel public. C’est dire l’embarras des refuzniks de tous bords qui se réfugiaient confortablement derrière leur statut pour opposer leur impérissable niet.

 

 

 

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