Algérie: Le Hirak révèle la profonde fracture entre le peuple et le pouvoir

Confronté à une contestation populaire résiliente qui a repris à l’occasion du deuxième anniversaire du Hirak, le pouvoir algérien redouble vainement les mesures d’apaisement qui ne dissuadent pas les Algériens d’exiger le « changement radical » et la fin du régime militaire, alors que le Palais El Mouradia s’est transformé en département relevant du chef d’état-major, le général Said Changriha.

A la veille du deuxième anniversaire du soulèvement populaire du 22 février 2019, le président Abdelamjid Tebboune a annoncé des mesures cosmétiques, qui n’ont servi à rien finalement, sinon à révéler la profonde fracture entre le peuple et le pouvoir. Ce dernier a dû mobiliser toutes ses forces, ce lundi, pour barricader Alger et empêcher des milliers de manifestants venant de tout le pays d’entrer dans la capitale.

Cela n’a toutefois pas empêché des centaines de milliers d’Algériens en colère de défiler partout dans le pays. Signe de la vivacité du Hirak qui a été momentanément interrompu par la pandémie du Covid-19, d’imposantes manifestations ont été organisées dans les grandes villes: Oran, Bejaia, Constantine, Tizi Ouzou, Tlemcen, Annaba… partout, les foules de manifestants appellent au changement radical du régime et à l’avènement d’un « Etat civil et non militaire ».

Sous le slogan repris en chœur « Yetnahaw gaa » (Dégagez tous), les Algériens montrent qu’ils ne sont pas dupes et rejettent le tour de passe-passe qui a consisté à remplacer quelques noms de l’ère du président déchu, Abdelaziz Bouteflika, par d’autres afin de sauver le régime militaire à façade civile.

« Le pouvoir persiste et signe dans sa recherche vaine de sauver le système en imposant la poursuite de son processus électoral au mépris des aspirations de la majorité », a affirmé le Parti des Travailleurs (PT), l’une des principales formations de l’opposition en Algérie.

Se faisant l’écho des revendications de la rue, le PT a mis en garde contre la situation prévalant dans le pays, qui « traverse la période la plus dangereuse depuis l’indépendance ».

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