Comment l’Algérie tente de sortir le polisario du coma

Le déchaînement des médias algériens et leurs affidés du polisario depuis quelques semaines contre le Maroc, a laissé croire un moment à une campagne inscrite dans une stratégie mûrement réfléchie, avant que les observateurs ne se rendent compte qu’il s’agit d’une tempête dans un verre d’eau et de simples verbiages sans contenu, destinés visiblement à donner un semblant de vie au mouvement séparatiste moribond.

Les responsables algériens ont bien compris que le front séparatiste a subi des coups très durs, voire mortels sur le plan international, rendant le polisario un mouvement infréquentable et dont on évite, dans le meilleur des cas, de parler.

Ce désintérêt se voit notamment dans les revers cinglants subis par le polisario en Espagne, le pays où il comptait, il y a peu, le plus grand nombre de soutiens. C‘est pourquoi les médias algériens et polisariens se démènent comme ils peuvent, criant fort dans l’espoir de se faire remarquer et remettre la question du Sahara à l’agenda international.

Pourtant, cette campagne médiatique n’est pas destinée uniquement à soutenir le polisario. Dans les calculs des dirigeants algériens, elle est conçue pour faire d’une pierre deux coups, au moment où le régime militaire à façade civile se trouve à un tournant. Le mouvement de contestation populaire, le Hirak, qui a balayé Bouteflika, est en train de renaître, menaçant d’en faire autant avec la nouvelle junte au pouvoir.

D’où les tentatives d’Alger de raviver la « menace » venant du voisin de l’ouest pour mieux contenir les protestations à l’intérieur. L’objectif premier est de détourner les algériens de l’aggravation de la situation économique et sociale, exacerbée coup sur coup par la crise sanitaire du Covid-19 et la chute brutale des prix du pétrole.

Mais pour Brahim Ghali, Alger ne peut plus grand chose alors que le chef du polisario et ses lieutenants sont contestés chaque jour. Dans les camps de Tindouf, les jeunes sahraouis ne s’accommodent plus de leur situation de séquestrés, interdits de déplacements et de libre expression. La récente création du Mouvement dissident Sahraouis pour la Paix, est l’illustration de ce ras-le-bol qui affleure dans les camps et s’attaque aux chefs du mouvement séparatiste et à leur politique d’alignement aveugle sur l’Algérie qui a conduit la cause sahraouie à l’impasse.

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