Transport-grève: la pression monte à l’approche de l’Aîd

Le resserrement des contrôles routiers, décidé après la catastrophe de Tichka est-il en train de produire un résultat paradoxal ? Visiblement excédés par le soudain tour de vis opéré sur les routes, les professionnels ont réagi tout aussi brutalement. Un débrayage de six jours consécutifs, avec des conséquences incalculables sur des milliers de voyageurs.

Depuis lundi dernier, les gares routières sont pratiquement paralysées sur l’ensemble du pays. A la gare de Ouled Ziane à Casablanca, qui voit défiler quotidiennement quelque 500 autocars, les voyageurs attendent désespérément. Les syndicats du transport routier des voyageurs ont décidé de prolonger le mouvement jusqu’à samedi. Plus grave, certains syndicats menacent de remettre ça à l’approche de l’Aîd, au cas où le ministère des transports ne répond pas à leurs exigences. Mais les réclamations des travailleurs du transport routier se heurtent souvent aux dispositions du Code de la route. Avec la multiplication des accidents meurtriers et particulièrement depuis la catastrophe de Tichka, où le renversement d’un autocar a fait 43 morts, la gendarmerie et les unités du ministère des transports sont sur les dents. Longtemps accusés de laxisme, ils se rattrapent en resserrant les  contrôles. Mais justement, cette rigueur inhabituelle n’est pas du goût des professionnels. Les transporteurs de voyageurs protestent contre la transformation quasi-systématique des contrôles en autant d’occasions pour le retrait du  permis de conduire. Ou encore pour la mise à l’arrêt des véhicules en infraction. Ils argumentent que de telles pratiques ne font qu’inciter paradoxalement à la corruption. Cette situation visiblement inextricable semble condamner le problème de l’insécurité routière à tourner indéfiniment en rond. Trop de mollesse provoque une véritable guerre sur les routes, et à l’opposée, un resserrement des contrôles menace le transport routier de paralysie. Quoi qu’il en soit, la loi doit prévaloir en attendant une adaptation du Code la route. Et surtout, il est nécessaire d’accompagner toutes les étapes de la réforme par une politique volontariste d’éducation et de sensibilisation du citoyen.

A l’école, dans les médias audiovisuels, les gestes d’incivisme doivent être inlassablement combattus et les comportements irresponsables sur la voie publique ne doivent plus être tolérés. Car ce n’est que par un travail de longue haleine, qui prendra certainement des années, et une application sans concession que l’on pourra aboutir à des résultats significatifs.

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