Elections : les leçons à tirer du 4 septembre

elect11S’il y a une leçon à tirer des élections du 4 septembre au Maroc, c’est bien la normalisation des scrutins qui consacrent le  processus démocratique et permettent aux partis politiques de confronter leurs forces et de mesurer leur audience par la voie des urnes.
Malgré la violence verbale à laquelle se sont livrés les candidats rivaux, y compris des cas de diffamation relevés contre plusieurs chefs de partis, les élections se sont déroulées dans « un climat globalement sain ». Les quelques dérapages enregistrés ici ou là « ne modifient pas de manière substantielle l’issue du scrutin », d’après les premières constatations du CNDH.
Le Conseil national des Droits de l’Homme a déployé 474 observateurs pour le suivi de la campagne électorale et le  double scrutin communal et régional. En tout, les 4000 observateurs nationaux et internationaux ont pu mener leur mission d’observation dans environ 22.000 bureaux de vote sur un total de 39.320, soit 56% bureaux, un chiffre assez représentatif pour une évaluation sérieuse.
Le taux de participation qui a frôlé les 54% est un autre indicateur du sursaut d’une partie de l’électorat, que beaucoup  pensaient définitivement gagné par l’apathie politique. Ce taux ayant même atteint quasiment les 80% dans certaines villes et communes du Sahara. Des données caractéristiques de l’intérêt que portent les électeurs locaux à ce scrutin annonciateur d’une régionalisation tant attendue.
De surcroît, la nette victoire du parti islamiste du PJD qui contrôle désormais les principales villes du pays, est un indicateur de la maturité du jeu politique et électoral. Une victoire d’autant plus emblématique qu’elle met le curseur sur une réalité quasiment singulière dans la région maghrébine et arabe.
Elle s’inscrit désormais à contre-pied de ce qui se passe dans la plupart des pays arabes, où les islamistes représentent une menace, voire un facteur de déstabilisation redouté par les pouvoirs en place. Au Maroc, à l’inverse, le parti islamiste est sorti vainqueur des élections alors qu’il est à la tête de la coalition gouvernementale depuis quatre ans, sans émouvoir personne.

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