La Turquie accepte de revoir l’accord de libre-échange avec le Maroc

La Turquie a finalement accepté un réajustement de l’accord de libre-échange avec le Maroc afin qu’il soit mutuellement bénéfique, a annoncé lundi à Rabat, le ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Economie verte et numérique, Moulay Hafid Elalamy.

La partie turque a accepté, après « un vif débat », de revoir l’accord de libre-échange, a expliqué Moulay Hafid Elalamy devant la Chambre des représentants, notant que le déficit de cet accord s’élevait à 1,2 milliard de dollars.

Un déficit d’autant plus inacceptable que le volume des investissements turcs au Maroc ne dépasse pas 1%. Soulignant que le différend entre le Maroc et la Turquie est « commercial » et centré principalement sur le textile, le ministre a rappelé que le nombre d’emplois perdus par le Maroc dans ce secteur s’élevait à 19.000 en 2014 et a atteint 44.000 en 2017.

Le ministre a affirmé que le Maroc a fait part à la Turquie de ces préjudices, tout en réclamant une solution qui ne porte pas atteinte aux intérêts du Royaume, faute de quoi l’accord sera résilié « unilatéralement ».

Quant à la chaîne turque de supermarchés opérant dans le Royaume, elle ne vend pas de produits marocains, entraînant la fermeture de plusieurs commerces de quartier, a assuré Moulay Hafid Elalamy.

A cet égard, le ministre a indiqué avoir informé le président de cette enseigne de grande distribution qu’il serait impossible de poursuivre les relations commerciales actuelles, suggérant de vendre les produits marocains dans ses magasins, faute de quoi elle serait contrainte de mettre la clé sous la porte.

Citant une étude réalisée par son département, M. Elalamy a indiqué que les accords de libre-échange avec les Etats-Unis, l’Europe et la Turquie enregistrent un « déficit manifeste ».

Le ministre a souligné que le déficit avec l’UE se situe entre 75 et 78 MMDH par an, l’attribuant à l’importation de carburant pour plus de 20 MMDH et de voitures (plus de 18 MMDH), tandis que le Maroc exporte vers l’Europe des voitures pour 60 MMDH.

Il a ajouté que l’investissement de l’UE représentait plus de 71% du volume des investissements étrangers au Maroc et que le soutien apporté par les pays européens au Maroc s’élevait à 1,4 milliard d’euros entre 2014 et 2020, qualifiant la relation commerciale entre le Maroc et l’Europe de « rentable ».

Concernant l’accord de libre-échange avec les États-Unis, le ministre a révélé que le déficit s’élevait à 20 MMDH, dont 15 MMDH pour les hydrocarbures et 3,5 MMDH pour les avions Boeing.

Il a ajouté que les investissements des États-Unis au Maroc représentent 6% du total des investissements étrangers, tandis que l’aide américaine destinée Maroc atteint 1,2 milliard de dollars.

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