En marge de la tournée de Christopher Ross. Ni juge ni arbitre, mais médiateur.

L’accumulation des obstacles dans le règlement du conflit saharien aurait finalement convaincu les membres du conseil de sécurité de l’ONU de la bonne fois du Maroc dans l’objectif est d’assurer un règlement rapide, durable, concerté et négocié. Etat légaliste, le royaume du Maroc est resté fidèle à la médiation Onusienne proposant son plan de règlement et excluant tous les scénarios chimériques qui se sont avérés inacceptables. Fort de ses incontestables droits, le Maroc a décolonisé son Sahara depuis 1975 par des moyens pacifiques et civilisés.
La souveraineté comme tous les droits ne se réalise pleinement que par son exercice à l’intérieur de l’état où il doit se faire obéir, à l’extérieur il doit se faire respecter. À travers l’histoire, il est établi étymologiquement que le terme souveraineté désigne le pouvoir exercé sur ses terres et ses sujets par le souverain, Roi, chef ou dirigeant  qui ont été investi.
Pour le Maroc la médiation onusienne est toujours la bienvenue, à condition qu’elle ne remette pas en cause le principe de souveraineté pleinement exercé par le Maroc sur l’ensemble du territoire du royaume, y compris son Sahara. Dans sa mission, le représentant du secrétaire général de l’ONU n’est ni un juge ni arbitre. En tant que médiateur, il est implicitement chargé d’être à la fois un producteur de consensus entre les partis et le héraut d’objectifs qui les transcendent.
C’est donc dans se sens et en vertu de l’article 33 de la charte de l’ONU et les articles 21, 22 et 23 du règlement intérieur du conseil de sécurité que le prédécesseur de Mr. Ross, Mr. Peter Van Walsun, après avoir entrepris plusieurs déplacements dans  les capitales concernées, a procédé à des enquêtes, médiations et conciliations. Et après avoir suivis 4 rounds de négociations entre les partis et en tant que représentant du secrétaire général des nations unies, Mr. Walsun est arrivé à une courageuse conclusion selon laquelle l’option indépendantiste du Sahara n’est pas réaliste. Si l’organisation internationale suivait la voie que lui proposent les adversaires du Maroc, s’est alors qu’elle perdra son prestige et probablement sa raison d’être.
La pratique de la médiation dans le cadre de l’ONU est liée à l’attentisme et à la modération, l’objectif étant la solution des conflits. Pour ces raisons, il est évident que le consentement des partis au différend est autant indispensable au lancement de la mission de médiation qu’il est nécessaire pour qu’une telle mission ait quelques chances de succès. De même, après l’expression d’un consentement, les partis restent libres des suites à donner aux efforts déployés par  le médiateur. Le rôle du médiateur se limite en effet à proposer des moyens de règlement en vu d’arriver à une solution substantielle. Mais ce dernier à tout de même une large gamme de moyens ; il peut rétablir le contact entre les partis en convoyant leurs messages ou en organisant des réunions entre leurs représentants respectifs.
Le médiateur peut tout au plus établir des documents de travail qui font le point des positions respectives et offrir éventuellement les pistes de compromis. Son intervention est donc plus active et peut aller jusqu’à la direction des négociations. Lors de son intervention auprès du secrétaire général des nations unies le 25 aout 2012, le Roi Mohamed VI a reçu l’assurance que la médiation de Mr. Ross en sa qualité de représentant personnel du secrétaire général de l’ONU n’aura pour objectif que la promotion d’une solution politique mutuellement acceptable à ce différend et que Mr. Ross allait accomplir sa mission dans les limites du cadre fixé par le conseil de sécurité.

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