Ramid lâche du lest pour les greffiers

La tension qui planait sur les rapports entre le ministre de la justice et les  greffiers en grève semble perdre de sa vitalité depuis l’annonce des prélèvements très contestés, sur leurs salaires. Le ministre de la Justice et des Libertés, Mustapha Ramid vient de lâcher du lest. Les syndicats représentant les fonctionnaires de la justice ont pour le moment, réussi à décrocher le droit à l’indemnisation des heures supplémentaires et des jours de permanence. Selon le ministre, un avant-projet de décret est déjà en cours d’élaboration en concertation avec les syndicats du secteur. Ce projet de texte, a-t-il assuré, permettra en même temps, de «concrétiser les dispositions relatives au statut spécial des greffiers». Sur la base de la première esquisse du projet de décret, les heures supplémentaires qui ne devront pas dépasser les 30 heures par mois, seront indemnisées à hauteur de 60 à 80 DH/heure. Leur payement se fera après un cumul de trois mois. Le projet de texte stipule aussi que les permanences ne devraient pas dépasser le seuil de 18 jours tous les trois mois et qu’une liste détaillée de ces permanences soit transmise à la fin de chaque mois à l’administration centrale pour validation.

Malgré cette avancée, les syndicalistes n’ont pas hésité à émettre certaines réserves à ce sujet, estimant que le partage des indemnités a été fait de manière arbitraire. Les syndicalistes sont également mécontents des prélèvements sur les salaires des fonctionnaires de la justice qui observaient ces derniers mois, des mouvements de grève ayant paralysé le fonctionnement normal des tribunaux. Le SG de la FDT, Abderrahmane Azzouzi a même qualifié cette décision d’ »anticonstitutionnelle » en l’absence d’une loi organique régissant le droit de grève.
De son côté, Abdessadek Saaidi, SG du Syndicat démocratique de la Justice le plus représentatif du secteur (75 %), a précisé que les ponctions sur les salaires des grévistes, qui varient entre 600 et 1500 DH, ont été effectués par effet rétrospectif sur les salaires de 1000 fonctionnaires pour les mois de juin, juillet et août. Il a par ailleurs exprimé son étonnement quant au soutien manifesté par le Chef du gouvernement à l’égard du ministre de la Justice, tout en l’accusant de politiser cette affaire. Toute la question est donc de savoir si les syndicats sont enfin prêts à calmer le jeu, où au contraire, ils vont accentuer leur pressing sur Ramid pour tenter d’obtenir un peu plus ?

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